Cécile Le Talec Sonorama - La Migration des sons
Catalogues & Livres d'artistes | 2016

« La Migration des sons » in Cécile Le Talec, Sonorama, avec des textes de Pierre Giquel, Gunther Ludwig, A. C., et un entretien de Cécile Le Talec avec Rozenn Canevet, Éditions Dilecta, Paris, 2016.


La Migration des sons


L’œuvre de Cécile Le Talec peut être appréhendée selon trois processus de création qui s’entre-génèrent. Le premier serait chronologique. En effet, son parcours artistique, commencé à la fin des années 1980 après des études en arts plastiques et en philosophie, se développe en périodes de création presque autobiographiques, marquées par des rencontres avec des scientifiques, des linguistes, des compositeurs, par des voyages… Le deuxième axe à suivre serait celui de l’évolution des techniques – de l’analogique au numérique en particulier – qui, d’une transformation à l’autre, porte cette œuvre depuis toujours exploratrice de l’espace et de l’immatérialité, du vide et de l’infini, du langage et de la sensorialité. Le troisième processus de création, enfin, consiste à appréhender l’œuvre de Cécile Le Talec comme précisément le miroir d’une histoire des arts sonores, une synthèse de leur esthétique et une déclinaison de leurs propositions plastiques.
C’est de cette dimension sonore dont Sonorama rend essentiellement compte.

L’élément sonore se diffusant dans l’espace en construisant par là même un volume, l’œuvre d’abord minimaliste de Cécile Le Talec articule le son sur une exploration spatiale et, en cela, s’inscrit dans la tradition des sculpteurs qui, à l’instar de Joseph Beuys, ont manifesté un intérêt résolu pour le son. 10 m3 d’espace sonore (1995) ou Couloir acoustique (1997) proposent ainsi des installations – comme autant de recherches sur la perception ou la matière – entre l’espace et le sonore qui introduisent aussi, dès les années 1990, à des notions d’architecture. En 1998, par exemple, Les Voisins du dessus (1998) expose un plan d’appartement sonore dont le bruit pourrait être perçu depuis un habitat mitoyen. Cette variation sur les appartements contemporains et leur sociologie de l’écoute induisent qu’une certaine idée du langage – architectural, des fictions sonores – traverse d’emblée cette œuvre.

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                                                                                                                       Extrait du texte de A.C.


 


http://www.editions-dilecta.com/fr/livres-d-artistes/409-sonorama.html


 


© alexandre castant | 2011